Développons pour le web, pas pour Chrome.

« Choisissez Firefox maintenant, sinon plus tard vous n’aurez plus le choix », écrit Robert O’Callahan, développeur Mozillien, dans un billet qui tente de sensibiliser à propos de l’inquiétante domination de Chrome, toujours plus croissante.

Il est intéressant de constater que le billet s’adresse essentiellement aux utilisateurs du web, qu’ils soient indécis ou non. Et en effet, il est important de s’adresser à ces membres clefs. Mais il y a une autre part du camembert qui compte : ceux qui développent pour le web.
Je suis sûr, vous qui me lisez et qui n’utilisez pas Chrome, que vous avez déjà rencontré plus d’un site web, plus d’une web app, qui sur son accueil vous intercepte et vous adresse de la sorte :

« Site web optimisé pour Chrome. »

« Pour de meilleures performances, utilisez Google Chrome. »

ou plus hallucinant encore :

« Mettez-vous à jour vers un navigateur moderne, Google Chrome, pour utiliser cette application ».

Ce dernier vous intime que même votre dernière version de Firefox, d’Opéra, ou que sais-je encore, n’est pas à la hauteur de ce contenu.
Si on a de tels messages aujourd’hui, c’est parce que les développeurs sont tombés dans un travers hérité des années 2000 sous la domination d’Internet Explorer : on développe pour des navigateurs, au lieu de développer pour le web.
Avec une telle façon de penser viennent plusieurs manies, comme celle de ne pas se soucier des standards et d’utiliser des propriétés CSS préfixées et uniquement supportées à l’échelle d’un ou deux navigateurs, ou plus largement celle d’utiliser des technologies expérimentales soutenues par un seul acteur du web. C’est en cela qu’une phrase que je répète beaucoup prend tout son sens :

le web est la plateforme.

Ce principe est important à prendre en compte, car il garantit que l’on considère les utilisateurs du web comme ceux que l’on désire servir.
Et il est important de le rappeler : l’utilisateur du web décide et choisit d’accéder au web de la manière qui lui semble la meilleure. Et si ce choix, cette décision, se porte sur un navigateur qui est à jour au niveau des standards du web, alors il n’existe aucune raison valable pour lui interdire l’accès à votre contenu… À moins bien sûr que vous n’ayez jamais réellement visé de développer pour le web.

Mon appel est simple. Amis développeurs, développons pour le web, pas pour un navigateur, afin qu’il reste libre, et accessible à tous. Cela vaut autant pour votre intérêt que pour celui de tous les utilisateurs du web.

Mon billet aurait pu s’appeler « Developpons pour le web, pas pour x navigateur », mais il s’avère que Chrome est en l’état dangereux compte tenu de sa part de marché. Un monopole n’est jamais désirable lorsqu’il s’agit de garantir liberté, ouverture, et progrès. S’il vous plait, ne l’oubliez pas.


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